Wang Wei Guo

YANG SHAO HOU

YANG SHAO HOU

LE BOUDDHISME

LE BOUDDHISME

Origine

Le fondateur du Bouddhisme est le Prince Siddharta Gautama appelé aussi Shakyamuni parce qu'il appartenait à la tribu shaka.
Il naît au Nord de l’Inde à Kapilavastu vers 560 avant notre ère. A l’âge de 29 ans il fait quatre rencontres qui bouleversent sa vie : il croise un vieillard, un homme malade, un mort et un religieux en train de mendier pour se nourrir. Il découvre ainsi la vieillesse, la douleur, la mort et la pauvreté et s’interroge sur le sens de l’existence. Puis il mène la vie des religieux mendiants et médite
auprès d’ascètes (*)  hindous. Il apprend à jeûner et à se concentrer pour méditer. Ensuite il étudie les textes sacrés de l’hindouisme puis décide de chercher en lui-même la voie qui conduit à la vérité et à sa propre libération. Il comprend que la vie de privation ne vaut pas mieux que la vie de plaisir qu'il menait jusque là.
C’est à Bodhgaya, assis au pied d’un figuier, arbre symbolisant la connaissance (bodhi), qu’il reçoit, nous dit la légende, " l’illumination " à la suite d’une méditation prolongée., Il devient alors BOUDDHA, c’est à dire« " l’Éveillé ou l’Illuminé ".
Il mène une vie errante et meurt très âgé (vers 480 av JC) en livrant à ses disciples moines mendiants
(les bhikkus), cette dernière parole :
" Tous les éléments de l'être sont transitoires. Travaillez à votre salut avec soin ".
Ce n'est que très tardivement, au Tibet, qu'il sera divinisé. 
(*) ascète : personne qui s’impose une vie très austère et qui renonce aux plaisirs du corps
pour des raisons morales ou religieuses.

Doctrine


La doctrine du Karman s’exprime dans les
quatre Saintes Vérités " :
1 - la vie est douleur
2 - les causes de la douleur sont la soif, le désir
3 - la douleur peut être vaincue
4 - la cessation de la douleur peut être réalisée par l’extinction du désir, en suivant la
"  Sainte voie aux huit membres " qui comprend entre autres divers exercices psychiques
et pratiques de mortification sans aller aux formes les plus extrêmes de l’ascétisme.
L’idée de Karma a toujours été exprimée au terme de loi cosmique.
Idée d’une sorte de cercle vicieux constitué de 12 Nidâna dont les êtres humains
devaient s’échapper.
Les 12 Nidâna formaient un cycle dans lequel l’une produisait la suivante, avec un retour
à la 1ère une fois les 12 parcourues (d’où le symbole de la roue). 

Les 12 Nidâna


L’Ignorance cause l’apparition des Agrégats (manifestation de la volonté)
Agrégats causent l’apparition de la Conscience
Conscience cause l’apparition de l’Esprit et du Corps.
Esprit et Corps causent  l’apparition des 6 organes des sens.
6 Organes des sens causent  l’apparition des contacts.
Contacts causent  l’apparition de la sensation.
Sensation cause l’apparition du désir. 
Désir cause l’apparition de l’Avidité.
Avidité cause l’apparition  de l’Avènement.
Avènement cause l’apparition de la Naissance.
Naissance cause l’apparition de tous les Maux la Vieillesse, la Maladie,  la Mort.
Tous les Maux Vieillesse, Maladie, Mort causent l’apparition de l’Ignorance.
Le but du bouddhisme était donc de permettre aux hommes d’échapper à ce cercle vicieux, de délivrer le monde, pour entrer dans le néant du Nirvâna (état que l’on atteint lorsque, ayant échappé au cycle des réincarnations, on ne ressent plus de désirs, donc plus de souffrance).
Lorsqu’un individu transmigrait, il était chargé du Karma de ses actes passés.
Le Gandharva (l’être qui doit renaître) devait entrer dans l’embryon ou la matrice. Les renaissances dépendaient des mérites et de méfaits des vies passées : un homme pouvait renaître comme divinité,
homme, fantôme affamé, animal ou habitant d’un des nombreux enfers.
Le stade d’arrha était l’être parfait et aboutissait à l’éparpillement. 

Afin de faciliter les approches du nirvâna, le bouddhisme recommande l’emploi du yoga qui consiste à se rendre maître de son rythme respiratoire pour se livrer ensuite à des exercices spirituels.
Le bouddhisme est une doctrine pour de salut de l’homme par l’homme au moyen de ses seules forces.

Le fondateur du Bouddhisme rejette l'atmanbrahmam (identification de l'âme individuelle
et de l'âme universelle qui conditionne toute la mystique brahmanique) et développe le samsara, transmigration des âmes. La base de la réflexion de Bouddha est une réaction devant le polythéisme de l'Inde des brahmanes. Bouddha ne nie pas les dieux, il les ignore.
Le système philosophico-religieux érigé par Bouddha constitue l'exemple le plus typique de religion athée, dans la mesure où il n'est pas centré sur le culte d'une divinité mais propose une doctrine pour le salut de l'homme par l'extinction de la douleur dans le nirvana. Il se présente comme une entreprise de sauver l'homme par l'homme au moyen de ses seules forces: ni l'aide des dieux,
ni celle de ses semblables, ni aucun rédempteur ne peuvent l'aider à faire son salut.
Par ailleurs le Bouddhisme est nettement opposé au régime des castes issues du Brahmanisme.

Les symboles

¤ la roue (symbole de la vie et du cosmos)
¤ le  parasol et le trône (signe d’autorité)
¤ le lotus (fleur qui symbolise la pureté)
¤ l’éléphant blanc, dont la mère du Bouddha avait rêvé avant la naissance de son fils.

La sagesse

Pour atteindre la sagesse, il faut méditer longuement chaque jour sur les 4 vérités et
suivre les principes moraux définis par Bouddha qui sont

les  5 règles de vie :

1. Être compatissant et respecter toute forme de vie.
2. Ne pas prendre le bien d’autrui.
3. Ne jamais mentir ni haïr.
4. Éviter tout excitant.
5. Respecter la femme.

L’évolution


Dès le III° siècle, le bouddhisme se divise en plusieurs courants. 

- L’Hinayâna ou petite carrière ou petit véhicule particulièrement implanté dans la Péninsule Indochinoise.

- Le Mahâyâna ou grande carrière ou grand véhicule à caractère plus social, affirme que le Bouddha historique est un aspect physique et illusoire pris par le Bouddha primordial pour apparaître aux hommes et les aider. Il est répandu dans tout l'Extrême Orient. 

- Le Vajrayâna ou véhicule de diamant. Surtout répandu au Tibet.

Le courant Hinayâna
(35 % des bouddhistes). Les fidèles appliquent strictement la règle de la vie de Bouddha. C’est essentiellement une règle de vie monastique. Les croyants observent les interdits : tuer, voler, commettre l’adultère, mentir, consommer des boissons enivrantes. Les moines choisissent de se retirer de la société afin de méditer et se regroupent en communauté. Ils ne font qu’un repas par jour, vivant d’aumône : ce sont les moines mendiants. Ils assurent l’éducation des enfants, célèbrent les naissances, les mariages et les enterrements.

Le courant Mahâyâna
  (60 %). Les fidèles rendent en même temps un culte aux divinités hindoues et à celles d’autres religions. C’est la plus moderne et attrayante présentation du bouddhisme avec un monde rempli de bodhisattvas (êtres spirituels qui accomplissent le salut universel au cours de leurs réincarnations) et qui pouvaient être adorés autant que le Bouddha lui-même. Les adeptes de ce courant vénéraient les reliques de ce Bouddha (ossements, cheveux, dents…). Ils ont élevé des monuments (les stupas) pour les conserver.  Ces édifices  contiennent les textes saints et les cendres des bodhisattvas qui aident ceux qui souffrent au lieu d’atteindre le nirvâna. Le plus vénéré d’entre eux est Avalokitishvara qui a plusieurs bras et de nombreuses têtes, symbolisant l’aide infinie qu’il apporte aux hommes. Le nirvâna était minimisé parce que l’on était persuadé alors, que le salut personnel ne pouvait être atteint qu’en obtenant le salut des autres. En affirmant cela, le bouddhisme proposait un paradoxe qui convenait aux taoïstes. Le texte principal de ce nouveau système fut traduit en chinois au V° siècle sous le titre « Miaofa lianhua jung » lotus de la bonne loi. On trouve dans ce texte l’affirmation de la possibilité pour tous d’atteindre l’illumination suprême (la bouddhéïté). 

Le courant Vajrayâna

Le bouddhisme Vajrayâna est le véhicule de la Foudre et du Diamant. Il est surtout répandu au Tibet. Ce véhicule associe des éléments de tradition du yoga indien et de la pensée bouddhique du Mahayâna.
Dans le courant ésotérique du véhicule du Diamant, on met l'accent sur le fait que c'est l'homme dans sa totalité (son corps, sa parole et son esprit) qui est impliqué dans la recherche de l'Eveil.
On ne peut atteindre cet Éveil que par la prise de conscience que l'homme ne fait qu'un avec la vérité ultime, la vacuité (symbolisée par le diamant inaltérable). Pour y arriver il faut pratiquer la méditation (notamment avec l'utilisation de symbolique du cosmos comme un mandala), réciter des paroles ou des formules (des mantras), utiliser les gestes précis des mains (des mûdras). Chacune de ces pratiques est chargée d'une puissance extraordinaire qui est capable de provoquer des changements radicaux dans le psychisme humain.
Le pratiquant qui se lance dans ces profondeurs intérieures n'est pas abandonné à lui-même car il s'agit d'un voyage long et hasardeux, et c'est pourquoi le guide spirituel (gourou, lama) est si important dans cette tradition.
Les premiers bouddhistes arrivent en Chine à peu près au milieu du 1er siècle, les textes au milieu du 2ème avec une apogée au 5ème siècle.
On y trouve trois écoles principales:
- l'école Mi-tsong (école des secrets)
- l'école Hin-tsong (école de la méditation) exerce un mysticisme que l'on rattache au personnage de Bodhidharma qui serait arrivé en Chine au début du VI° siècle. Cette école reposait principalement sur une réflexion profonde, de concentration de tendance mystique en ayant recours à une contemplation intense et prolongée.
- l'école Tsing-tou-tsong (école du Pays Pur), grâce à des pratiques de dévotion à l'égard du Bouddha Amitâbha, on pouvait renaître dans un paradis occidental. De nos jours encore de nombreux Bouddhistes prient pour entrer dans ce paradis.

Le point de vue des philosophes
 
" Pour Confucius et pour Laozi, la régulation des choses dans ce monde est l’objectif principal, alors que pour les bouddhistes, le but est de s’évader de ce monde. " Xiao Zixian – 5ème siècle.
La réaction des taoïstes à l’égard du bouddhisme se limita à l’absorption de coutumes et de liturgies venant de cette religion dans leur propre système religieux.           
La doctrine bouddhiste du monde visuel, qui ne serait qu’illusion,  tout est un perpétuel changement, rien n’est permanent ni réel,  ne pouvait qu’être en contradiction avec les conceptions purement chinoises. 
Cheng Hao (1030 – 1085), un néo-confucianiste déclarait au sujet des bouddhistes : " Quand ils s’efforcent de  comprendre le haut sans étudier le bas comment leur compréhension du haut pourrait-elle être correcte ? ".          
L’opposition entre le néo-confucianisme et le bouddhisme est comme le combat entre une vision scientifique du monde d’une part, et une foi ascétique rejetant le monde d’autre part.

Mais si le bouddhisme soutint que l’univers n’était qu’illusion, certaines théories ont développé la conviction que l’espace et le temps étaient infinis, que d’autres mondes existaient en dehors de la Terre, ou encore une notion de catastrophes naturelles récurrentes. 

Conclusion


En fait, le bouddhisme n’a conservé nulle part sa pureté primitive. Il n’a eu qu’une importance très modeste pour le développement d’une tradition scientifique en Chine, mais dans un autre domaine, il introduisit dans ce pays un élément de compassion universelle que ni le confucianisme ni le taoisme, plongeant leurs racines dans une société chinoise obsédée par la famille, ne produisirent jamais.